Les valeurs de La Fabrique : Questions à Aline, notre experte RSE (1/2)

La fabrique à Innovations s'entoure d'experts dans les domaines liés à notre start-up, qui font partie intégrante de notre écosystème. Les valeurs que nous avons intégré à notre modèle depuis sa création représentent les fondements de La Fabrique. Notre experte RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et philosophie d'entreprise, Aline Espinassouze, nous a confié ses convictions sur ces valeurs dans un long entretien. 

 

Aline, présente-toi, et raconte nous ton parcours !

Je suis un philosophe « de terrain ». J’ai un double bagage en philosophie et en gestion. J’interviens auprès d’acteurs du monde de l’économie (des équipes dirigeantes, des étudiants en finance…) sur la question de la place et du rôle des valeurs dans leur activité. Ma « double culture » me permet de faire le pont entre ces deux mondes.
Aline EspinassouzeLes valeurs sont ce qui donne du sens à notre vie, et l’économie est ce qui permet d’y subvenir matériellement. La question est : comment faire converger les deux ?
Donner du sens à l’économie, concilier éthique et gestion d’entreprise, créer des stratégies gagnant-gagnant entre valeurs et modèles économiques, tout cela est possible.
En combinant convictions personnelles et savoir-faire économique, les possibilités d’action sont immenses, donnant à nos vies professionnelles un sens et une portée nouvelle.
En tant que philosophe, je transmets des outils de clarification, des repères éthiques et analytiques pour les acteurs qui souhaitent aller dans ce sens.

 

Parcours
Philosophe de formation (7 ans d’études en Sorbonne !), je suis également titulaire d’un MBA et (bientôt) docteur en gestion d’entreprise sur les sujets de responsabilité sociale des entreprises (RSE).
J’ai travaillé plusieurs années dans le monde de l’entreprise, d’abord comme analyste financier, et à présent comme consultante chargée de développement dans le secteur de l’analyse et des stratégies extra-financières (RSE, ISR). Je partage mon temps entre ce métier et celui « prof de philo » un peu particulier…
Lorsque je présente mon parcours, on me demande souvent si je me suis « reconvertie » dans le monde de l’entreprise après des études trop idéalistes… si j’ai « vendu mon âme au diable » !
La réponse étonne, lorsque j’explique que, à mon sens, ce parcours hybride était nécessaire. Nous venions de traverser la crise financière de 2008, que certains analystes avaient qualifiée de crise de valeurs. Dans ce contexte, le monde des affaires m’est apparu comme le sujet devant passer au crible de l’analyse philosophique. Quand on y pense (bien que souvent on évite d’y penser), l’impact des activités économiques sur nos vies est immense.
Je suis donc bien restée un philosophe, mais je me suis efforcée de devenir un philosophe de terrain : un philosophe qui étudie la finance puis qui occupe des fonctions dans le monde de l’entreprise, un philosophe qui dialogue avec les décideurs et leurs équipes sur le terrain pour  leur apporter un point de vue différent et leur transmettre des outils issus de la philosophie qu’ils puissent s’approprier et mettre en œuvre dans la sphère économique.
Mettre à l’épreuve des faits ses convictions de philosophe, se rendre utile dans la « vraie vie », c’est pour moi être fidèle à une certaine vision : la philosophie est un art de vivre, pas un art de penser.

 

Vision & métier
Ce que je défends : la place des valeurs dans les activités économiques.
L’entreprise est un outil efficace d’optimisation de moyens en vue de la réalisation d’un objectif : mais à quoi l’utilise-t-on ?
Il est temps de repenser les moyens et les fins de l’entreprise, et d’y redonner toute leur place à ce qui donne du sens à nos vies : nos convictions, nos valeurs, nos rêves.
L’économie n’est pas une terre brûlée. Comme toute activité humaine, elle peut et doit porter une vision.
Mon métier : accompagner la construction de cette vision en transmettant des repères éthiques et analytiques qui permettent de se faire un avis sur la place des valeurs dans notre univers économique, mais aussi d’expliquer et de défendre sa vision sur le terrain. Autrement dit, je suis un professeur de philosophie…appliquée !

Je réalise et transmets une « traduction opérationnelle » de la pensée des philosophes à destination des hommes et les femmes qui agissent aujourd’hui, ici et maintenant, au XXIème siècle, sur des enjeux extrêmement concrets.
Qu’est ce qui donne du sens à mes actions ? Qu’est-ce que les valeurs ? Dans quelle mesure est-ce compatible avec les activités économiques ? Comment concilier valeurs et contraintes économiques dans mon métier ? Comment intégrer des valeurs dans la stratégie et les pratiques des entreprises ?
Mon objectif est que chacun s’approprie les « clefs » qui permettent de construire les réponses, nécessairement spécifiques, qui réalisent une synthèse optimale entre ses valeurs et son rôle d’acteur économique. J’anime par exemple des séminaires sur l’identité, les valeurs de l’organisation, et leur intégration dans la stratégie. Pour les équipes, prendre le temps de revenir sur la vocation et le sens de leur activité permet de faire le point, de voir plus loin, et parfois même, de voir autrement.
« Prof », consultant, ou coach philosophique, je ne sais pas comment l’appeler, mais j’ai un métier formidable : rencontrer les membres d’une grande équipe, celle qui travaille à optimiser le système économique actuel pour construire un monde meilleur ; et voir avec eux comment les outils de la philosophie peuvent éveiller, renforcer, renouveler (selon les cas) leur vision et guider leurs actions.

 

Quelle est à ton sens LA grande force de La Fabrique à Innovations ?

Pour moi, la grande force de la Fabrique à Innovations, c’est de mettre en œuvre une véritable dynamique collaborative.
 

Un monde interactif
Avec le développement des nouvelles technologies, notre possibilité d’accès à l’information et d’interaction (commenter, diffuser…) est devenue considérable. Les termes de participatif et collaboratif fleurissent donc un peu partout (management participatif, financement collaboratif…). Mais en y regardant de plus près, on se demande bien qui participe à quoi, dans quelle mesure, avec quelle possibilité d’influence, et aussi quel risque de récupération.
Dans certains cas, la manœuvre « marketing » consiste à donner l’impression de valoriser le consommateur alors qu’il n’est qu’un rouage anonyme, une entrée dans une base de données, un client potentiel. Bref, de lui faire penser qu’il est utilisateur alors qu’il est utilisé.
Cela est d’autant plus dommage que les dynamiques d’interaction, de partage, de mutualisation, de co-construction sont extrêmement positives et ne demandent que des modèles économiques crédibles pour exploser et s’imposer comme de nouveaux paradigmes économico-politiques.
C’est, à mon sens, ce que propose la Fabrique à Innovations dans le domaine de l’innovation.

 

Une véritable démarche collaborative
La grande force de la Fabrique à Innovations, dans l’univers des plateformes d’innovation « participative », c’est de donner tout son sens à la dynamique collaborative.
Co-laborare, c’est travailler ensemble. Dit autrement, cela veut dire faire partie d’une équipe, dont les membres associent leurs ressources pour produire un résultat.
Ce n’est donc pas seulement apporter une idée, un avis, une expertise. Cela n’est que, dans le meilleur des cas, le premier degré de la collaboration ; et, dans le pire des cas, la participation, pas toujours volontaire, à une immense étude marketing in vivo.
Pour le dire d’une formule, collaborer ce n’est pas travailler « pour » mais travailler « avec ». La différence est fondamentale. La Fabrique à Innovations, en donnant à chacun la possibilité de devenir co-auteur de l’objet réalisé et d’en retirer des bénéfices proportionnels à sa contribution, propose donc une véritable démarche collaborative.

 

Un modèle économique innovant au service de l’innovation collaborative
Allons plus loin. A mon sens, ce qui fait véritablement la force de la Fabrique à Innovations, ce n’est pas seulement de reposer sur le collaboratif (il s’agit d’un mouvement socio-économique de fond), mais de parvenir à lui donner une réalité économique, là où il reste plus souvent un idéal.
Il fallait un modèle économique et une structure qui rende viable l’innovation collaborative. Ce dispositif, la Fabrique à Innovations l’a… inventé ! C’est pourquoi, au final, je trouve que la véritable force de la Fabrique à Innovations, c’est son modèle économique et son mode de fonctionnement… innovant !
La Fabrique à Innovations peut être vue comme une innovation socio-économique qui rend possible la collaboration à distance de travailleurs indépendants sur un même projet industriel. Vu sous cet angle-là, les enjeux du modèle qu’elle propose dépassent très largement ceux du secteur de l’innovation, en renouvelant les formes du travail « intellectuel » collaboratif à distance. Une fenêtre sur l’entreprise du futur ?

Lire la suite de l'entretien

X
Renseignez votre nom d'utilisateur ou votre e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.
CAPTCHA
( Mesure anti-SPAM )
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.
En cours de chargement